Le bras de fer judiciaire entre Drake et Universal Music Group (UMG) autour du morceau “Not Like Us” de Kendrick Lamar vient de s’achever. La cour fédérale des États-Unis a rejeté la plainte du rappeur canadien, qui accusait UMG de diffamation pour avoir publié et promu le diss track le plus explosif de l’année.
Selon le média The Hollywood Reporter, la juge Jeannette Vargas a estimé que le contexte d’une bataille de rap était essentiel pour comprendre les paroles de “Not Like Us”.
“L’auditeur moyen ne pense pas qu’un diss track soit le fruit d’une enquête rigoureuse ou d’un travail journalistique vérifié”, a-t-elle déclaré.
“Son ton et son langage ne permettent pas de l’interpréter comme un énoncé factuel.”
La cour a ainsi considéré que les paroles du titre relevaient de l’expression artistique et de la culture du clash, non d’une tentative de diffuser des faits réels ou vérifiables.
Drake soutenait que la phrase de Kendrick Lamar “Rabbit hole is still deep, I can go further, I promise” — impliquait que ce dernier disposait de preuves étayant ses accusations de pédophilie.
Mais la juge Vargas a rejeté cette interprétation, expliquant :
“Il n’est pas du tout évident que ce soit une lecture naturelle de ce vers. Même si cette ligne pouvait être interprétée ainsi isolément, aucun auditeur raisonnable ne la comprendrait de cette manière dans le contexte global du morceau.”
Dans un communiqué, UMG s’est félicité de la décision :
“Dès le départ, cette plainte constituait une atteinte à la liberté d’expression artistique et n’aurait jamais dû voir le jour. Nous sommes satisfaits du jugement et continuerons de promouvoir la musique de Drake et d’investir dans sa carrière.”
L’équipe du rappeur, de son côté, a annoncé son intention de faire appel :
“Nous avons l’intention de contester cette décision et attendons avec impatience la révision du dossier par la Cour d’appel.”
La plainte de Drake visait Universal Music Group, maison mère de Top Dawg Entertainment et distributeur de Kendrick Lamar, pour avoir autorisé et promu “Not Like Us” un morceau contenant la phrase “Certified Lover Boy, certified pedophile.”
Le rappeur affirmait que le label avait “placé la cupidité corporative au-dessus de la sécurité et du bien-être de ses artistes” en publiant un titre qu’il jugeait “inflammatoire et mensonger.”
Mais la justice américaine a tranché : dans la culture du rap, le clash reste une forme de liberté artistique, aussi provocatrice soit-elle.
